6 clauses à mettre dans votre cahier des charges GTB pour pouvoir lui parler avec votre IA préférée

Tube acoustique sur un bâtiment
Résumé
Faire rédiger le cahier des charges par un bureau indépendant évite le verrouillage fabricant qui crée surcoûts, remplacements forcés, maintenance captive, perte de programmes et données, risques réglementaires et cybersécurité et bride l'innovation. L'indépendance permet d'interroger et commander les GTB en langage naturel, d'intégrer les bornes de recharge, de superviser un parc multimarque, de conserver le matériel historique, de piloter photovoltaïque et batteries, de détecter les anomalies et d'assurer la continuité hors connexion. Inscrire six clauses : protocoles ouverts; API ouverte documentée en lecture/écriture sans licence; propriété client des données, programmes et config avec export standard; remise complète de documentation et programmes à la réception et à chaque modification; aucune licence facturée au point; indépendance déclarée du bureau d'études et de l'intégrateur.

Par Amr Arbani

Le bureau d’études qui rédige le cahier des charges d’une GTB, et la société qui la déploie, devraient être indépendants des fabricants et des revendeurs. Chez Foorier, cette indépendance me permet de dialoguer avec toutes mes GTB en langage naturel et d’y intégrer des bornes de recharge, avant les autres intégrateurs et avant que les fabricants le proposent.

40 €/m² pour remplacer quelque chose qui marche déjà

Un intégrateur a récemment proposé à l’un de nos clients de remplacer tout le pilotage de ses ventiloconvecteurs pour 40 €/m², chauffage et climatisation uniquement. Le matériel en place fonctionne et tiendra encore au moins 10 ans. Mais la gamme n’est plus maintenue par le fabricant, et ni les programmes ni la documentation ne sont récupérables pour moderniser l’existant. L’intégrateur a donc proposé ce que son catalogue lui permettait : la gamme suivante.

La même semaine, j’ai posé cette question à mes GTB :

« Quelle a été la courbe de température sur les 5 premiers établissements de notre liste, répartie par établissement, entre le 1er juin et le 15 septembre ? »

La réponse est arrivée en quelques secondes, pour ces sites, quelle que soit la marque des équipements installés et leur protocole de communication (j’ai littéralement copié/collé le HTML généré pour vous montrer).

Températures intérieures, été 2026

Moyenne de toutes les pièces de cinq bâtiments, du 1er juin au 15 septembre

Mesures issues des thermostats, vannes connectées, climatiseurs et thermomètres de chaque bâtiment. Survolez le graphique pour le détail jour par jour ; cliquez sur un bâtiment pour l’afficher ou le masquer.

On voit qui a vraiment souffert, et qui s’en sortait bien cet été…


Qui écrit le cahier des charges ?

Personne ne confierait à un concessionnaire la rédaction de l’appel d’offres pour renouveler sa flotte automobile. En gestion technique du bâtiment, c’est pourtant courant : le cahier des charges reprend souvent la fiche produit d’une marque, et l’intégrateur qui répond est agréé par cette même marque. Certains vont jusqu’à proposer un extrait de cahier des charges à copier-coller pour les bureaux d’études. A chaque fois qu’il y a une attache de ce type, elle se paie par la suite et sur toute la durée de vie de l’installation.

Ce que coûtent vraiment les attaches

D’abord, de l’argent

  1. Il y a d’abord le surcoût à l’achat. Les licences sont facturées au point, chaque unité de climatisation demande sa propre passerelle payante, chaque protocole supplémentaire est une option logicielle. Additionnées, ces lignes dépassent parfois le prix du matériel.
  2. Vient ensuite le remplacement forcé, celui des 40 €/m². Quand une gamme n’est plus maintenue, un intégrateur lié à la marque propose la gamme suivante, et du matériel en état de marche part à la benne. Super bon plan pour la planète en bonus !
  3. La maintenance devient captive. Il y a souvent un seul intégrateur agréé dans la région, avec des tarifs impossibles à mettre en concurrence et des délais que le propriétaire subit.
  4. Enfin, la moindre modification passe par un devis : changer un horaire d’occupation, ajouter une sonde ou créer une alerte demande un budget, un bon de commande, un délai d’intervention… Quelle agilité en 2026 !

Le contrôle

  1. Les programmes, la documentation et l’historique des données ont été payés par le propriétaire, mais c’est l’intégrateur qui les détient, s’il n’est pas parti à la retraite ou s’il n’a pas mis la clé sous la porte (nous avons déjà vu ces 2 cas de figure). Le jour où le propriétaire veut changer de prestataire, il repart de zéro.
  2. Un cahier des charges calqué sur un catalogue fausse aussi l’appel d’offres. Le choix de la marque est fait avant la consultation, et les autres candidats sont découragés, ou alors ils répondent pour la forme.
  3. Enfin, un parc hérité de 3 marques, ce sont 3 superviseurs, 3 logiques et 3 interfaces. Comparer ses bâtiments entre eux devient impossible, ou alors il faut se référer au paragraphe précédent sur l’argent.

Le risque

La réglementation pousse vers une régulation pièce par pièce (BACS de classe élevée, décret thermostat…)

Chez beaucoup de marques historiques, installer une sonde de température dans chaque pièce et un actionneur sur chaque émetteur coûte très cher. On régule alors par zone, on accepte des compromis, et on reste en marge de ce que demandent les textes.

Côté cybersécurité, même les protocoles avec une version sécurisée (suivez mon regard vers le BACnet) exigent des contrôleurs récents et ajoutent une ligne au devis des plateformes propriétaires. Leur code est écrit et relu par des équipes restreintes, donc testé par peu de monde, rarement mis à jour, et en retard sur les failles découvertes. Quelques minutes de recherche suffisent pour trouver des superviseurs de bâtiments exposés sur internet (envoyez-moi un message si vous vous posez la question pour votre cas).

L’avenir est hypothéqué

L’intelligence artificielle, les bornes de recharge et le photovoltaïque viennent d’autres industries. Elles arrivent tard dans les catalogues des fabricants de GTB, quand elles y arrivent. Qui sait de quoi demain sera fait : systèmes de brumisation, détecteurs de fuites, buanderie connectée… Les économies d’énergie qu’un bâtiment peut faire se limitent alors à ce que prévoit le catalogue du fournisseur choisi, et de sa capacité d’exécution.

Ce que l’indépendance me permet de faire

Je peux déjà parler à mes bâtiments depuis des mois

Je pose la question sur les températures de l’été en français, pour tout ou partie des sites que Foorier supervise. L’IA interroge chaque GTB, fait les requêtes de données nécessaires, et organise la réponse par établissement. Comme l’accès passe par une API ouverte et documentée, nos clients peuvent utiliser l’IA de leur choix.

Je peux aussi lui demander d’agir :

« Règle la température de confort de tous les établissements de l’entité 1, dans la région Nord uniquement, à 20 °C. »

L’IA identifie les sites concernés, me présente les changements prévus et les applique après ma confirmation. Ca aurait pu demander des dizaines de jours hommes à un technicien de se déplacer sur chacun des sites pour régler chaque thermostat à la main ; ça prend 1 minute à nos clients.

J’en parle parce que S., H. et D. ne proposent pas encore ce dialogue avec leurs systèmes, et les intégrateurs qui dépendent d’eux non plus. Ils ont déjà réduit la charge de travail à quelques jours hommes, c’est mieux que rien.

Je peux intégrer les bornes de recharge comme si de rien n’était

Une GTB classique ne parle pas le protocole des bornes de recharge. Il faut empiler des passerelles, et souvent laisser le pilotage à l’opérateur de recharge. Chez nous, une borne s’intègre comme n’importe quel autre équipement. Nos clients peuvent alors suivre la consommation de chaque borne et de chaque utilisateur pour la refacturer, recharger en milieu de journée quand les panneaux solaires produisent le plus, et décaler la recharge selon le tarif pour éviter les jours de pointe et profiter des heures creuses.

Et tout le reste

  • Une supervision unique pour un parc multimarque : S., H., D. et le matériel historique, au même endroit et avec la même logique.
  • Le matériel historique conservé tant qu’il fonctionne.
  • Le photovoltaïque et les batteries pilotés pour consommer au maximum l’électricité produite sur place.
  • Les jours Tempo, les alertes EcoWatt et les prévisions météo pris en compte, par exemple pour anticiper la relance du chauffage.
  • Un chauffage calé sur l’occupation effective des locaux, à partir de l’agenda de réservation des salles.
  • La détection d’anomalies, comme un chauffage et une climatisation qui tournent en même temps, trop de fenêtres ouvertes ou des changements de consigne à répétition. J’ai déjà appelé mon client pour lui signaler qu’il fallait rouvrir l’électrovanne gaz car j’ai détecté que le brûleur de sa chaudière était en rade.
  • Une régulation qui continue de fonctionner et des données qui continuent d’être enregistrées même si la connexion internet coupe.

Être indépendant, c’est aussi pouvoir combiner les solutions et compenser les faiblesses de l’une par une autre. Je compare les sondes et les contrôleurs de tous les fabricants, et je retiens ceux qui rendent le meilleur service au meilleur budget, sans dépendre du catalogue d’une marque.

Les 6 clauses à mettre dans votre cahier des charges GTB

Maintenant qu’on a fait le tour de toutes les joies du marché de la GTB, voici une liste courte à intégrer dans votre prochain cahier des charges, à côté du reste, si vous voulez pouvoir faire comme moi :

  1. Des protocoles ouverts pour tous les équipements et pour le superviseur, sans passerelle propriétaire.
  2. Une API ouverte et documentée, en lecture et en écriture, sans licence supplémentaire, pour que n’importe quel logiciel ou n’importe quelle IA puisse consulter les données et envoyer des commandes.
  3. La propriété du client sur les données, les programmes et la configuration, avec un export dans un format standard.
  4. La remise de la documentation complète et des programmes à la réception, puis à chaque modification.
  5. Aucune licence facturée au point ou à l’équipement ajouté.
  6. L’indépendance déclarée du bureau d’études et de l’intégrateur vis-à-vis des fabricants et des revendeurs.

On vous a proposé de tout remplacer ?

Envoyez-moi le devis à amr.arbani@foorier.fr. Je vous dis sous 48h ce qui peut être conservé.

P.S. Si vous pensez que cet article peut rendre service à quelqu’un de votre entourage, rendez-lui service et faites-lui suivre !

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