Étiquette : gains

  • Le report du décret BACS : qui veut éviter les économies ?

    Le report du décret BACS : qui veut éviter les économies ?

    Fin décembre, le Ministère de la Ville et du Logement a publié le Décret no 2025-1343. Ce décret reporte l’obligation de conformité BACS des « petits » sites à 2030. Fin 2025, 16% du parc immobilier assujetti était équipé. Le gouvernement prend-il donc acte de ce retard ? Et vous, que pensez-vous de ce report ?

    Le report de BACS : en profitez-vous ?

    Si l’application du décret BACS est reporté par la France, ce n’est que partiel.

    Souvenons-nous : c’est la puissance installée sur le site qui fait que le site est assujetti. Un site avec plus de 270 kW installé l’est depuis 2025. Les sites avec des puissances installées comprises entre 90 et 270 kW devaient s’organiser jusqu’à 2027. C’est cette partie des sites qui bénéficie du report. Pour les « gros » sites tertiaires, aucune modification de date.

    Ces chiffres sont abstraits pour un néophyte : en simplifiant, si votre site fait plus de 2-3000 m², avec deux chaudières à gaz pour accueillir plus de 200 personnes, vous avez de fortes chances d’être au-dessus des 270 kW. Cela dépend de votre secteur et de votre activité. La variété des sites tertiaires est vaste comme le secteur : entre les sièges sociaux, les commerces, restaurants, hôtels…

    Pour être certain de bénéficier du report, vous devez vous renseigner sur la puissance installée dans votre site.

    Le report de BACS : oui, mais le décret tertiaire ?

    Le décret BACS est complémentaire avec le décret tertiaire.

    Cela semble encore loin, il s’agit d’une obligation pour 2030… Pour simplifier, le décret BACS note le niveau d’installation de vos équipement de pilotage de la consommation d’énergie. Le décret tertiaire oblige les sites tertiaires à démontrer qu’ils ont réduit de 40% leur consommation en énergie. Ah oui, aussi pour les « petits » sites qui ont bénéficié du report cité au-dessus. 2030, c’est encore loin et tout cela peut changer. Tout le monde peut parier sur le futur.

    Deux bémols : d’abord, ces réglementations s’inscrivent dans un cadre européen. La France ne pourra pas jouer de nouveau sur le délai. C’était faisable fin 2025, car la France avait posé des échéances plus tôt que celles de l’Europe. Cette posture de meilleur élève ne sera plus jouable. Vous êtes joueur et voulez parier sur le futur : pensez-vous que les politiques environnementales vont diminuer avec les années ? Peut-être. Deuxième bémol : les recettes à venir du décret tertiaire. En pensant qu’il y aura un autre report, vous pariez sur le fait que le gouvernement renoncerait à une source de revenus déjà programmée. Et oui, les sites « hors la loi » auront à payer une amende. Et cette amende risque d’être facile à collecter, puisque les sites ayant raté les échéances déclaratives dans Operat seront suspects…

    Qui résiste à la tentation de collecter de l’argent sur un simple clic ?

    Le report de BACS : « les entreprises, surtout, ne faites pas d’économies »

    Depuis le début, nous identifions ces décrets comme deux leviers vertueux.

    Sans discours pompeux sur l’écologie, nous observons que les sites tertiaires gagnent à tous les coups avec des démarches et automatisations bien conçues. L’énergie est un levier compliqué : le gestionnaire ne veut pas se fâcher avec ses équipes et va toujours arbitrer sur le confort avant les économies. Le propriétaire va laisser le gestionnaire payer les factures d’énergie, la plupart du temps. Bref, rares sont les sites qui n’ont pas encore des économies à faire.

    Le décret BACS créait une obligation de s’y intéresser plus rapidement. Pour donner un exemple extrême, les piscines municipales : site tertiaire, amplement documenté par la cour des comptes. Votre site est surement loin des fuites d’énergie dans tous ses bassins. Toutefois, beaucoup de sites tertiaires dorment sur des gains énergétiques assez considérables. Sans travaux, juste grâce au pilotage. Et là, cela change tout. Le site n’a pas à s’arrêter pendant des mois avec un projet pouvant impacter son occupation.

    « Chouette, BACS est reporté, tant mieux pour moi ! » Vraiment ? 

    Nous finirons par cette liste de vérifications pour vous :

    • Vous êtes déjà en conformité => vous n’avez plus rien à faire, bravo.
    • Vous allez faire 40% d’économies d’énergie en 2030 => vous n’avez plus rien à faire, bravo.

    Pour celles et ceux qui auraient un doute, nous sommes disponibles.

  • Smartbuilding ou tour de Babel ?

    Smartbuilding ou tour de Babel ?

    Depuis plusieurs années, nous conseillons des dirigeants dans la manière la plus pertinente d’utiliser les technologies numériques pour mieux gérer ce qui est en général leur deuxième dépense après les salaires : leurs locaux. Force est de constater, ici comme ailleurs, que le désordre et le foisonnement règnent. Comment y voir plus clair dans ce qui ressemble à une tour de Babel ?

    « Nous avons 300 clés »

    Notre première intervention en smartbuilding a démarré quand un de nos clients nous a demandé de l’aider pour numériser l’accès à ses espaces, dans des bâtiments d’enseignement. Antoine Matta a parfaitement raconté l’histoire dans son article.

    Comme de bonne pratique, nous avons démarré par l’inventaire des accès à numériser, et par la structuration, qui a résulté en 3 types :

    • Accès depuis l’extérieur ;
    • Accès de l’intérieur de l’enceinte de l’école à des bâtiments ;
    • Accès à des pièces (classes, bureaux, locaux techniques) à l’intérieur du bâtiment.

    Pour chacun de ces trois types, nous avons proposé une pile de technologies, en choisissant comme des bonnes et coruscantes pratiques que nous rappelle régulièrement Jean-Paul Figer :

    • Des standards de l’Internet, W3C, IETF ;
    • Des technologies utilisées par des dizaines, et si possible, des centaines de millions d’utilisateurs ;
    • Des technologies Cloud.

    En l’occurrence, nous avons empilé :

    • Google Workspace (déjà présent) avec des Groupes d’utilisateurs pour définir les droits d’accès ;
    • Un SaaS de gestion d’accès ;
    • Des contrôleurs locaux ;
    • Les mêmes badges Mifare Desfire que ceux déjà utilisés pour la cantine et les imprimantes ;
    • Des badgeuses là où nécessaire ;
    • Des portiers video full Internet pour les accès depuis l’extérieur ;
    • Des poignées avec des hubs pour les portes.

    Nous avons démarré par un PoC, qui a permis de s’assurer que les performances revendiquées dans les documentations marketing étaient au rendez-vous.

    Contrôle d'accès moderne : les conseils
    Contrôle d’accès moderne

    Les bénéfices pour notre clients ont été nombreux :

    • un coût deux fois moins élevé qu’une proposition d’un serrurier classique ;
    • une praticité de gestion et une sécurité bien plus élevées : il suffit de mettre ou de sortir un compte d’un groupe dans la console de Google Workspace pour activer ou désactiver un badge. Pas besoin de programmer les serrures ou les badges, qui ne contiennent aucune information locale autre que celle qui descend du Cloud ;
    • une robustesse industrielle : les contrôleurs locaux interrogent, le SaaS, qui lui-même interroge en cascade Google Workspace, toutes les 5 minutes pour mettre à jour les droits. Si on a une panne d’internet ou d’un des quelconques maillons, on a un fonctionnement en ilotage, avec comme seul inconvénient la non mise à jour des droits pendant la panne ;
    • des technologies interopérables, non propriétaires, donc durables : si demain un constructeur fournit de meilleures poignées, on les prend, sans avoir à tout changer par ailleurs.

    La tour de Babel des technologies : capteurs et actionneurs

    La grande difficulté rencontrée par le marché est le zéro et l’infini :

    • zéro : soit il n’y a rien, ou on a l’impression qu’il n’y a rien ;
    • l’infini : soit il y a une offre pléthorique et on ne sait pas quoi choisir tellement il y a de technologies.

    Dans ce dernier cas, on ne sait pas quoi choisir : LoRaWAN, Bluetooth, ZigBee, ZWave, Wi-Fi, Matter, Thread… avec, pour ces technologies, parfois des appareils incompatibles entre eux, malgré le fait qu’ils portent le même logo de technologie.

    Notre crible de bonnes pratiques (standard, > 100 M utilisateurs…), appliqué à ce besoin, nous conduit à choisir le Wi-Fi, qui certes a des inconvénients, mais qui sont graduellement compensés, par la masse d’offres et d’usages.

    De la même manière que l’eau, l’électricité, la ventilation ou l’évacuation des eaux usées, il va falloir que le monde de la construction intègre qu’il faut que chaque endroit d’un bâtiment soit connecté sans fil à l’Internet, et concrètement cela veut dire avoir un câble RJ45 de catégorie 5 ou plus par pièce, pour connecter un point d’accès Wi-Fi, et une (ou plusieurs si le local est étendu) armoire réseau avec des switches PoE, tout cela branché à une box internet très haut débit (même si c’est parfois un face norà escalader). C’est évidemment plus simple à traiter en construction neuve qu’en rénovation, notamment si on doit faire des saignées pour faire passer des câbles qui manquent.

    Ecran de smartphone montrant un speedtest avec un débit download de 93,7 Mbps et un débit upload de 21,3 Mbps
    Le Wi-Fi à très haut débit symétrique, une utilité identique à l’eau, l’électricité, l’évacuation des eaux usées

    La tour de Babel des technologies : apps, protocole et hyperviseur

    La guerre des technologies fait aussi rage dans les couches d’interface homme-machine : Tuya, eWeLink, Smart Life, Apple Homekit, Google, Amazon Alexa, l’open source Home Assistant, les apps Netatmo, Shelly, autres application de constructeur, etc. La liste est longue comme un jour sans pain.

    Peut-on admettre, parce qu’on a choisi un type d’appareil, d’accepter une adhérence qui oblige d’utiliser le Cloud et l’app du constructeur ?

    Car cette captivité que cela crée vis-à-vis de ce constructeur, a des inconvénients majeurs :

    • Ergonomie : faut-il avoir n apps parce qu’on a choisi des capteurs et des actionneurs auprès de n constructeurs ?
    • Intégration : comment faire pour actionner un éclairage dans une technologie X, si le capteur de présence et de luminosité est dans une technologie Y, et que les deux Cloud et app ne se parlent pas ?
    • Pérennité : que se passera-t-il si un jour le constructeur ne maintient plus son Cloud / son app ? Le capteur et l’actionneur devront-ils partir à la poubelle et être remplacés ?

    Je le rappelle, nous utilisons des standards, notamment de communication. En IoT, il y en a un qui est MQTT, et si capteurs et actionneurs s’en servent, peu importe le Cloud et l’app du constructeur, on pourra toujours utiliser capteur ou actionneur pendant des années, 5 à 10 en général, avant que l’électronique ne rende l’âme.

    Autre standard à utiliser : l’hyperviseur. Nous avons jeté notre dévolu sur Home Assistant, qui permet de consolider quasi toutes les technologies de capteurs et d’actionneurs en une seule app : l’open source Home Assistant, pour lequel nous avons écrit un article dans notre Blog.

    Notre rôle d’architecte : éviter les adhérences, maintenir les degrés de liberté

    Notre travail consiste, en finalité, à rendre service aux entreprises avec les technologies. Pour que ce soit efficace, performant, pas cher et durable, nous déployons des principes éprouvés dans des centaines de contexte, et faisons ainsi bénéficier nos clients des apports des technologies. Eux n’ont pas cette connaissance et ni le temps ni l’intérêt de l’acquérir. C’est l’essence de notre métier.

    Nous avons résolu ce problème de tour de Babel dans le smartbuilding en faisant le choix des standards, qui évitent les adhérences donc d’être emprisonnés dans l’univers technologique d’un constructeur, en sélectionnant les gagnants du marché sanctionnés par des centaines de millions d’utilisateurs, et en assemblant tout cela, depuis l’intention stratégique, jusqu’à la mise en oeuvre opérante sur site.

  • Smart Buildings : au-delà des chiffres !

    Smart Buildings : au-delà des chiffres !

    Les Smart Buildings, ou Bâtiments Connectés ou encore Bâtiments Intelligents, comme leur nom l’indique, sont des bâtiments intégrant des technologies numériques, offrant une multitude d’usages pour les occupants, les gestionnaires et les investisseurs. Bien que les retombées financières soient souvent mises en avant pour justifier l’investissement dans les bâtiments intelligents, les retombées non financières sont également importantes et méritent d’être mises en lumière. Je vous propose donc d’explorer dans cet article, le panorama des inducteurs de retombées financières et surtout non financières liées aux bâtiments intelligents. Nous préciserons, par souci de simplicité, la dimension tertiaire ou résidentielle au besoin.

    Smart Buildings : au-delà des chiffres !

    Smart Building Retombees FinancieresSmart Building Retombees Financieres

    Bâtiments connectés : Les retombées financières

    Les retombées financières des bâtiments intelligents sont généralement plus faciles à mesurer et à quantifier que celles non financières. Ces retombées sont la conséquence immédiate des possibilités offertes par les solutions smart building. Nous proposons, pour simplifier, de regrouper les inducteurs de retombées financières en quatre catégories principales : les économies d’énergie, la réduction des coûts opérationnels, l’amélioration de la productivité et la valorisation du patrimoine immobilier.

    Les économies d’énergie

    L’une des principales motivations pour investir dans les smart buildings est la réduction des coûts énergétiques. En effet, les systèmes de gestion de l’énergie intelligents permettent d’optimiser la consommation d’énergie des bâtiments en fonction de l’occupation, des usages, de la météo et d’autres facteurs. Les économies d’énergie réalisées se traduisent directement par une réduction des factures d’électricité, de gaz et d’eau.

    La réduction des coûts opérationnels

    La maintenance prédictive est une autre source d’économies pour les smart buildings. Grâce aux capteurs et aux systèmes de surveillance, il est possible de détecter les problèmes potentiels avant qu’ils ne deviennent critiques, ce qui permet de réduire les coûts de maintenance et de prolonger la durée de vie des équipements.
    En outre, la réduction des primes d’assurance (que nous qualifions en coût opérationnel), peut constituer un avantage financier dans le contexte des bâtiments intelligents. La réduction des risques (incendies, dégradations diverses) dans les bâtiments connectés (par rapport à des bâtiments traditionnels) peut constituer un levier pour re négocier les primes d’assurance auprès des assureurs.

    L’amélioration de la productivité

    Dans le cas spécifique du tertiaire, un environnement de travail confortable et efficient contribue à l’amélioration de la productivité et de la satisfaction des employés. Les smart buildings offrent une telle possibilité, notamment à travers l’optimisation des espaces de travail et le confort lié aux paramètres environnementaux (chauffage, ventilation, climatisation, éclairages adaptatifs, solutions acoustiques avancées…).
    Ce que nous disons, c’est “plus” de confort égal potentiellement meilleure productivité.

    La valorisation du patrimoine immobilier

    L’intégration de solutions intelligentes dans un bâtiment peut augmenter sa valeur marchande et générer un meilleur retour sur investissement pour les propriétaires.
    En effet, les bâtiments intelligents sont souvent perçus comme étant plus modernes, durables et confortables, ce qui peut contribuer à renforcer leur valeur sur le marché, générant potentiellement un meilleur retour sur investissement pour les propriétaires.

    Qu’en est-il des potentielles retombées non financières ?Smart Building Retombees non financieresSmart Building Retombees non financieres

    Bâtiments connectés : Les retombées non financières

    Les retombées non financières des bâtiments intelligents sont plus difficiles à mesurer et à quantifier, mais elles sont néanmoins importantes pour évaluer l’impact global de ces bâtiments. Nous proposons de regrouper ces retombées non financières en quatre catégories principales : l’amélioration du confort et du bien-être des occupants, le développement durable et la responsabilité sociale, la sécurité et la sûreté, et l’image de marque et la réputation.

    L’amélioration du confort et du bien-être des occupants

    Les bâtiments intelligents offrent un environnement intérieur de meilleure qualité, avec une meilleure qualité de l’air, un confort thermique, un éclairage adapté etc. Ces améliorations contribuent au bien-être des occupants et à leur satisfaction globale vis-à-vis de leur espace de travail ou de vie.

    Le développement durable et la responsabilité sociale

    Les bâtiments connectés sont conçus pour consommer moins d’énergie et produire moins de déchets, ce qui contribue à la réduction de leur empreinte carbone et à la promotion du développement durable. De plus, les systèmes intelligents permettent une gestion plus efficace de l’eau. Ces éléments contribuent ainsi à la responsabilité sociale et environnementale.

    La sécurité et la sûreté

    La sécurité et la sûreté des occupants sont évidemment des préoccupations majeures pour les propriétaires et les gestionnaires de bâtiments, mais surtout pour les concernés. Les bâtiments intelligents sont en ce sens équipés de systèmes de sécurité avancés, tels que la vidéosurveillance, le contrôle d’accès et la détection d’incendie, qui améliorent la sécurité des occupants et réduisent les risques de sinistres et de dommages.

    L’image de marque et la réputation

    Enfin, les entreprises investissant dans des bâtiments intelligents démontrent leur engagement en faveur de l’innovation, de la durabilité et du bien-être des occupants, ce qui renforce leur image de marque et leur réputation. Les bâtiments intelligents peuvent également faciliter la conformité aux réglementations environnementales, énergétiques et de sécurité (Décrets Tertiaire, BACS par exemple), réduisant ainsi les risques juridiques et financiers pour les propriétaires et les gestionnaires de bâtiments.

    Les bâtiments intelligents offrent de nombreuses retombées financières et non financières, qui contribuent à leur attractivité et à leur valeur ajoutée pour les propriétaires, les gestionnaires et les occupants.
    Il nous semble essentiel, dans le contexte propre de chaque projet, de prendre en compte à la fois les retombées financières et non financières lors de l’évaluation de la rentabilité et de la pertinence d’un projet de bâtiment connecté. Cela permettra de garantir que ces bâtiments répondent non seulement aux objectifs financiers, règlementaires, mais aussi aux attentes et aux besoins des occupants ou futurs occupants, des propriétaires et; de la société dans son ensemble ! En savoir plus

  • Le Décret BACS : l’automatisation au service de la performance énergétique Tertiaire

    Le Décret BACS : l’automatisation au service de la performance énergétique Tertiaire

    Le Décret BACS (pour Building Automation Control Systems ou systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments) est un levier réglementaire majeur en France, visant à accélérer la transition énergétique dans le secteur tertiaire. Il est intrinsèquement lié au Décret Tertiaire (ou dispositif Éco Énergie Tertiaire), dont il est l’outil technique principal pour l’atteinte des objectifs de réduction de consommation.

    Objectif principal du décret BACS

    Le Décret BACS rend obligatoire l’installation de systèmes de gestion technique des bâtiments (GTB) performants dans les bâtiments tertiaires. Cette obligation vise à optimiser l’exploitation des systèmes techniques (notamment le chauffage, la climatisation et la ventilation – CVC) afin de réduire de manière significative les consommations d’énergie.

    L’automatisation et le contrôle permettent d’éviter la surconsommation, de détecter les dysfonctionnements et d’assurer un pilotage dynamique en fonction des besoins réels du bâtiment (occupation, météo, etc.).

    Qui est concerné et quelles sont les échéances ?

    Le décret BACS s’applique aux bâtiments tertiaires, neufs ou existants, non résidentiels.

    L’obligation est définie en fonction de la puissance nominale utile des systèmes de chauffage, de climatisation et de ventilation combinés (CVC) installés.

    • Pour une puissance Nominale utile (CVC) supérieure à 290 kW : le 1er janvier 2025,
    • Pour une puissance Nominale utile (CVC) supérieure à 70 kW : le 1er janvier 2027.

    Note : ces dates butoirs concernent les bâtiments existants et sont celles du décret initial. Les bâtiments neufs sont soumis à des obligations dès leur construction.

    Que doit faire un système BACS conforme ?

    Le système d’automatisation et de contrôle installé doit être capable d’assurer plusieurs fonctions clés, qui sont le cœur de l’optimisation énergétique :

    1. Surveillance et enregistrement : mesurer en permanence les consommations d’énergie du bâtiment et en suivre l’efficacité,
    2. Analyse et évaluation : permettre l’évaluation de l’efficacité énergétique du bâtiment et des équipements, et alerter en cas de dérive (surconsommation, dysfonctionnement),
    3. Gestion et contrôle : permettre la régulation et le contrôle de la température intérieure, du niveau d’humidité, de la ventilation, de l’éclairage et des équipements techniques,
    4. Interopérabilité : être compatible et communicant avec les différents systèmes techniques du bâtiment pour une gestion centralisée,
    5. Interface utilisateur : fournir une interface intuitive permettant aux exploitants d’ajuster facilement les réglages et de visualiser les données.
    6. Connexion à la plateforme OPERAT : le système BACS est le principal fournisseur de données pour la plateforme de l’ADEME, nécessaire à la vérification de l’atteinte des objectifs du Décret Tertiaire.

    Lien avec le Décret Tertiaire (Éco Énergie Tertiaire)

    Le Décret BACS est considéré comme le moyen d’action privilégié pour atteindre les objectifs de réduction de consommation fixés par le Décret Tertiaire :

    • – 40 % de consommation d’énergie finale d’ici 2030,
    • – 50 % de consommation d’énergie finale d’ici 2040,
    • – 60 % de consommation d’énergie finale d’ici 2050.

    Un bâtiment équipé d’un BACS est en bien meilleure position pour atteindre ces objectifs sans avoir recours à des travaux de rénovation structurels trop coûteux.

    Inspection périodique et sanctions

    Le décret BACS introduit également une obligation d’inspection périodique du système d’automatisation et de contrôle pour s’assurer de son bon fonctionnement et de son maintien en performance.

    En cas de non-respect des obligations (non-installation du BACS aux dates limites ou absence de déclaration sur OPERAT), les entités assujetties s’exposent à des sanctions, notamment le dispositif de « Name and Shame » (publication du non-respect des obligations) et des amendes administratives pouvant aller jusqu’à 7 500 € pour une personne morale.

    Sources Réglementaires

    Le Décret BACS est encadré principalement par :